Sire Tydus organisa rapidement la défense de son unité. Les élémentalistes et les moines lancèrent les premières vagues de protections, les rôdeurs s'attaquèrent aux bêtes plus en hauteur et les guerriers formèrent des lignes défensives sur les deux fronts découverts.
Aussitôt, Arek se trouva un chemin jusqu'à la ligne de front nord. Il reconnut à sa gauche son premier instructeur Haverdsan, et à sa droite la noble Farrah Cappo avec qui il avait fait ses premières armes. Le courage et la fureur l'envahirent alors qu'une première vague charr vint éclater hache et épée sur les solides boucliers Ascalonien.
Les humains répondirent coup pour coup aux bêtes, mais leur défenseurs de bois ne résistèrent pas à l'acier des lames de Rin qui tranchèrent un bon nombre de créatures.
Le manège se répéta avec une deuxième vague d'assaut qui s'écroula devant les égides inébranlables.
Soudain, le ciel s'éclaircit étrangement. Une lueur rougeâtre illumina le champs de bataille, signe précurseur des boules de feu que l'on pouvait voir en train de tomber du ciel, avec en cible l'armée humaine.
Mais au moment où la première flamme allait percuter les soldats, un étrange dôme brillant apparut in extremis, déviant les projectiles magique.
Aziure, la maitresse élementaliste cria que l'invocation des défenses élémentaires était fini, alors que le front Sud subissait les premières blessures des lames charrs. Aussitôt, les moines lancèrent leur guérison qui redonnèrent force et vitalité à l'ensemble de l'armée, leur permettant de repousser les nouvelles vagues de monstres.
Au bout de quelques minutes, le dôme magique s'estompa et un flot de feu se déversa sur les troupes de Sire Tydus. Arek s'en rendit compte lorsqu'il entendit ses compagnons derrière lui hurler de douleur à cause de probables atroces brûlures.
Les guerriers des premières lignes commencèrent eux aussi à flancher, sans pouvoir compter sur les guérisseurs qui tentaient de soigner au plus vite les blessés. Les élementalistes établirent alors des défenses magiques afin que les soldats puissent à nouveau rétablir les défenses, mais en vain.
Continuant à combattre de toute ses forces, Arek tranchait des charrs aussi vite qu'ils arrivaient en dessous de sa lame embrasée. Mais alors qu'il eut tranché la gorge d'un monstre, une créature de l'Outre-Monde surgit d'un cadavre, laissant le jeune guerrier en proie à une crise d'effroi stupéfiante qui le paralysa.
Des souvenirs lui revinrent. Les vastes plaines ascalonienne, les iris en fleur, ses amis, animaux dociles qui l'accompagnait durant ses périples d'enfants. Et l'odeur de mort... le ciel sans oiseaux... les corps des loups sans vie, dévorés par ces même créatures...
Le violent coup de griffe qu'il reçut ne suffit pas à l'extirper de ses souvenirs. Il restait avec ses horreurs squelettiques qui le mirent pour la première fois en face de la mort, leurs griffes plantés dans ses épaules. Ces mêmes monstres étaient en train de l'envoyer aux portes de sa propre mort. Le charr qui lui avait porté un premier coup lui en assena un second qui l'envoya percuter un des murs de terre qui les tenaient prisonniers des créatures bestiale.
Il défaillit, toujours dans ses songes d'enfants. Son assaillant accourut. Il vu l'horreur de l'Outre-Monde s'approcher pour le dévorer.
«Tu feras un grand guerrier...»
La brume devant ses yeux se dissipa soudainement, juste à temps pour voir le charr recevoir trois flèches dans la gorge. Une quatrième se planta dans sa griffe levée et une ultime le cloua au sol...
Etait ce son sauveur qui revint de son passé pour le secourir à nouveau..?
Un afflux de vie magique vint panser ses plaies. Il se releva et parcourut le champs de bataille d'un regard hâtif. Rien, à part des hommes et des charrs lames contre lames, mains contre griffes. Non, son dieu n'était pas revenu sur terre. Il était juste revenu en lui, pour lui permettre de se battre à nouveau, pour lui permettre de sauver son peuple.
Sa lame s'enflamma comme lors de sa première rencontre avec les bêtes guerrière, alors qu'un nouvel assaut s'abattit sur les hommes.
En effet, les charrs attaquèrent des hauteurs, n'hésitant pas à se jeter sur les troupes humaines en dessous afin de les broyer. Sous la pluie de monstres, Arek courut jusqu'au centre du cercle de soldats. Et il tranche les monstres qui chutaient. Un par un, il les décapita, il les éventra, il les perfora en plein cœur.
Sa rage de se battre redonna du courage à ses compagnons qui se rassemblèrent autour de lui. Et tous ensemble, ils éviscérèrent les charrs qui tombaient des belvédères. La victoire sembla à portée comme jamais elle ne l'eut été durant cette bataille. Les charrs eux même ralentirent leur assaut, avant de battre en retraite.
Les cors humains retentirent sur le champ de bataille, symbole d'une première victoire sur les monstres.