Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Si un texte vous inspire, vous fait réfléchir, pourquoi ne pas l'exprimer?

Publicité

Intolérance; Part II

_T’es encore la toi?

_Ah, toujours vivant toi? Dis, je me suis demandé hier, tu fais du sport de temps en temps? Parce que...

Retour au lycée, le lendemain matin. Et je crois que je me suis fait un ami! Mon petit rigolo d’hier...

_P’tit con, j’vais te tuer! Tu sais pas qui j’suis ici!

_Voilààà! Il a compris! J’espère pour toi que tu t’es pas froissé ton petit cerveau! Bon, sur ce, m’en veut pas, mais puisque je ne te connais pas, je vais aller en cours.

Décidément, il a le don de me faire ri...

Un violent coup à l’arrière du crâne m’envoie embrasser les dalles. Ça fait mal, et ça m’énerve, au plus haut point.

_Me tourne pas l’dos, on a pas fini de discuter p’tit con.

_Très bien. Dis je en me relevant. On va finir la discussion. Je te paye une bière? Un deuxième coup m’écrase la mâchoire.

_Te fou pas d’moi!

_Ok, ok, pas de bière. Dis je en me frottant la joue. Mais t’es obligé de me frapper au visage? Contrairement à toi, je suis beau gosse, et j’aimerais bien le rester...

Un éclat de rire retentit. Je n’y avais pas prêté attention, mais un cercle compact d’élèves s’était formé autour de nous.

_Putain... Mon deuxième jour, et tu m’obliges déjà à me taper l’affiche. On va croire qu’on est pote après, la honte.

_Ta gueule, j’vais te défoncer!

Tel un taureau, mon agresseur charge, et comme un torero, je l’évite en échappant un « holé » qui déclenche un fou rire général.

_Attention! Crié je. Il montre les dents!

Le fou rire ne faiblit pas, alors que mon gros recharge. A nouveau je l’évite, et alors que je m’apprête à frapper, mon regard croise celui de quelques personnes de ma classe. Je me ravise, je peux faire mieux que le frapper physiquement.

_Allez allez. Je veux pas te frapper, c’est pas mon style. Et puis je veux pas passer pour un gros con sans cervelle, on serait trop de deux après. Et puis je crois que t’as fait ton cota de sport pour le mois là...

_Ta gueule!

_Ah, pour l’année peut-être...

_Vas y Marc, calme le un bon coup! S’exclame le groupe d’élèves de ma classe.

Un rapide coup d’oeil, deux mecs et quatre filles. Hmm, pas mal en plus. Allez, j’vais faire bonne...

Un violent crochet m’envoie valser et me sonne bien comme il faut. J’ai un goût de sang dans la bouche. Là, ça va plus. Je crache quelques gouttes du liquide rouge, histoire de bien montrer qu’il m’a amoché.

_Putain mec, j’avais dis pas le visage. Fallait pas frapper au visage merde! Dis je en me relevant à nouveau. Là, j’suis pas d’accord, je vais te déboiter!

Impressionnant hein? J’en rajoute un peu, certes, mais je suis quand même sérieusement en rogne.

Alors qu’il tente de me refrapper, toujours en visant la tête, j’avance ve

rs lui en esquissant un pas de coté.

_T’as pas compris hein? Le visage, quand tu prends pas par surprise, c’est pas une bonne cible. J’vais te montrer.

Le poing serré, je lui porte un coup sec mais violent au niveau du sternum, qui lui arrache un sifflement guttural. Puis il tombe à genoux en se serrant le torse et la gorge.

_Laissez lui de l’air, sinon il va avoir un peu de mal à respirer d’ici une vingtaine de secondes. Expliqué je en rehaussant mon sac. Quelqu’un peut m’emmener à l’infirmerie?

Aussitôt, la foule se disperse derrière mes quelques camarades qui s’avancent.

_T’as été super Marc. Dit une des filles. J’aime pas la violence, et ce type m’horripilait sérieux! _Et toi, juste une riposte! T’es un tueur non? Ironise un des deux mecs.

_J’aime pas la violence non plus, mais faut pas abuser quoi! Grognais je en me tâtant la joue. Un con ce type j’vous jure...

_On est en retard en cours là, et t’as besoin d’aller à l’infirmerie. Enchaine une autre demoiselle.

_La prof de philo est sympa, elle dira rien si on a quelques minutes de retard. Ajoute une troisième fille.

_Nous on va en cours. Six personnes pour aller à l’infirmerie, c’est un peu trop. A toute.

_A toute Rémi, et vous arrêtez pas en chemin avec Gaëlle! Lance le mec qui reste avec moi.

Les deux concernés nous envoient un clin d’œil appuyé... pas dans les couloirs quand même?! Finalement, les quatre autres m’emmènent voir l’infirmier.

Éric, Flore, Marion et Yuna. Ce sont leur prénoms respectifs.

Éric, un grand blond aux yeux bleus, carrure sportive, pas mal, il doit certainement avoir son charme, bien qu’il ait l’air timide, a première vue...

Flore, elle, est plutôt petite, tout a fait typée sud. Brune aux yeux marrons, peau halée. Gracieuse, bien que légèrement potelée.

Yuna, c’est le stéréotype de la petite étudiante asiatique. Pas très grande, très fine, des longs cheveux ébènes, ses deux yeux en amandes derrière ses petites lunettes rectangulaires, et avec ses bouquins dans les bras. Elle a son charme je dois dire, plutôt mignonne!

Et Marion, digne d’un top model. Grande, brune aux yeux bleus, des jambes qui n’en finissent pas, des lèvres qui crient presque « embrassez nous »... Mais c’est une fille qui a vraiment tout d’un mannequin, c’est plus une fille a fringues qu’une fille à formes. L’autre hic de la personne, elle est belle, elle le sait, et ne s’en cache absolument pas. Elle me ressemble un peu je dois dire, mais elle le gère bien moins que moi, cela se voit.

Cette année va vraiment me plaire, je le sens.

Arrivée à l’infirmerie, je tâte a nouveau ma joue. Elle est enflée, comme après mon opération des dents de sagesse... la rage.

_C’est pour qui? Demande le vieil homme sans lever la tête de son dossier.

_C’est pour mon camarade, il a eut un accident de vélo à un croisement. Heureusement, c’est le vélo qui a reçu la plus grosse partie du choc.

_Éric Lucre, je commence à vous connaître, vous pouvez sortir, merci. Une seule personne reste en accompagnateur. Les autres, dehors, allez en cours. Approchez jeune homme.

A mon contentement, c’est Marion qui reste avec moi.

Le vieux se lève enfin de sa chaise. J’ai l’impression d’assister à un ralentit quand je le vois se tourner vers moi.

_Asseyez vous sur la table s’il vous plait.

Il va chercher des gants sur son bureau et revient à moi. Temps effectué: 1minute30 pour 5 mètres! Record!

_Alors, cet accident? Me demande t-il en me levant la tête.

_Il a deux poings, une sale tête et un sacré bon rembourrage.

_Vous vous êtes donc battu?

_Sans rire, vous avez vraiment cru a cette histoire d’accident de vélo? Et puis je ne me suis pas battu, j’ai encaissé les coups et je l’ai mit à genoux.

_Vous vous êtes donc battu.

_Il lui a juste rendu un coup sur tous ceux que lui a mit Garry! Explique alors Marion.

_Vous vous êtes donc battu.

_Oui! Tout à fait! J’ai fait un tournoi de boxe clandestin avant de venir au lycée, et vu que j’étais en retard, j’ai eu l’idée suicidaire de venir me faire soigner ici!

Ce type m’exaspère... Il est pire qu’un vieux disque rayé. Quant à ma réponse, elle semble l’intriguer. En fait, son cerveau doit fonctionner aussi vite que le reste de son corps.

Il m’applique alors une pommade, ultra lentement, presque à se demander si il en bouge encore. Puis il s’apprête à faire la deuxième joue. Je regarde alors la demoiselle qui à l’air aussi désespérée d’attendre que moi.

_Non! M’écriais je. Non, pas celle là! Ça va!

_Je dois vous soigner, c’est mon métier, et vous êtes là pour ça.

_L’autre joue ça va! Je veux juste un pansement... pitié! Ils sont où? _Dans l’armoire derrière moi, attendez que je trouve les clés...

A peine a t-il saisit la bonne clé, au bout de quelques secondes tout de même, je m’empare du trousseau, ouvre l’armoire, prend le pansement adéquat pour ma lèvre et lui rend les clés.

_Mais... qu’est ce...

_Vous dérangez pas! Je me sers. D’ailleurs, je crois que j’ai presque fini de cicatriser! Merci pour ces longues heures de prévenance et d’attention monsieur. Et euh... au plaisir de ne pas avoir à revenir!

Avant qu’il ai eu le temps de répondre, j’entraine Marion à l’extérieur de cet enfer amorphe. Celle ci me regarde alors tout en soufflant longuement.

_Si ça peut te rassurer, t’es pas gonflé. Enfin, tes joues en tout cas. Toi, c’est une toute autre histoire! _Il en faut plus pour amocher mon beau visage.

Je sens alors mon bras tiré par la demoiselle, qui me colle au mur et plonge ses yeux dans les miens, son visage a quelques centimètres de moi.

_T’es vraiment un mec bizarre... T’as la classe, mais t’es super lourd à être prétentieux comme ça. Ça fait deux jours que t’es là, et pourtant...tu me plais bien déjà.

_Euh, ravi pour toi écoute, mais va falloir que tu changes de technique d’approche, surtout avec moi. Dis je en essayant de cacher mon fou rire interne qui montait. T’es pas mal mais... Nan, là ça me va pas vraiment.

Je la repousse donc et reprend ma marche vers la salle de philo. Encore une, c’est pas possible autant de succès la...

_Allez, dépêches toi, on va être en retard pour la deuxième heure. Lui lancé je. Et fais pas la gueule, c’est pas comme si c’était totalement perdu! Reste obstinée!

_T’es vraiment bizarre... un véritable con et bizarre.

Elle reste fière! Quel caractère! Je crois que je l’aime bien! Enfin bref, passons.

On arrive tout juste à la pause, tout le monde braille dans le couloir ensoleillé.

Marion rejoint les autres gens de tout à l’heure alors que je vais m’expliquer auprès de la professeur.

Une vraie chouette d’ailleurs celle là, avec ses énormes hublots et sa tignasse blanche! Mais à peine allais je ouvrir la bouche qu’elle me déballe toute ma mésaventure à vélo.

Merci Éric.

Je ressors donc rapidement retrouver mon petit groupe du matin, alors qu’autour de moi, tout le monde semble parler de ma petite aventure avec Garry, en me toisant avec un sourire presque abrutit.

Décidément, cette classe... Je dirais même plus, ce lycée...

Début de la deuxième heure de philosophie, je me retrouve a coté de Yuna à ma droite, et d’une parfaite inconnue à ma gauche, au premier rang. Quelle chance! En plus, c’est de la philo, cours où je n’ai absolument pas besoin de suivre. Un peu comme tous les cours en fait, mais encore moins dans celui là.

J’en profite pour faire un petit tour détaillé de la classe. Nous sommes 10 mecs pour 22 filles. Ratio fort intéressant! Et les filles sont vraiment toute pas mal!

_Monsieur Marc? Mon cours est il si ennuyeux que vous vous permettez dès la première heure de regarder les mouches voler?

_Dépend. Vous parlez de quoi? Demandé je en me retournant vers la prof.

_La Liberté, selon Emmanuel Kant, si son nom vous dit quelque chose. Vous n’écoutez pas le moindre mot de ce que je dis.

J’échappe un léger rire. Je regarde successivement la prof et quelques élèves.

_Si on se réfère à son Introduction à la métaphysique des mœurs, la définition qu’il en donne est, je cite: On appelle liberté la faculté, pour la raison pure, d’être pratique pour elle même. Enfin, c’est la le concept positif de notre notion de liberté. Il est un concept négatif qui s’y oppose. Ce concept est alimenté par une notion d’arbitre brut, lié à une influence sensible, qui s’oppose elle même à la notion de libre arbitre liée au concept positif. On pourrait aussi définir ce qu’est la raison pure, mais je sais que vous avez lu la Critique de la Raison Pure de notre cher ami philosophe

Là, je crois que j’ai frappé fort. Tout le monde me regarde avec des grands yeux. C’est limite flippant.

_Hé bien... dit la prof en tremblant presque. Tu as une bonne maitrise du sujet. Où as tu...

_Où? On va dire que ma mère pourrait vous apprendre à faire un vrai commentaire de texte. Et manque de chance, j’aime la philosophie, et tout particulièrement Kant.

Je me bascule a nouveau sur ma chaise, la tête vers les rangs de derrière, fier de moi. Si avec ça, j’ai pas au moins une bonne partie de la classe dans la poche..!

_Marc Lefault, prenez la porte. Vous êtes bien trop impertinent... Délégué, emmenez le voir Mlle Pince, et dites lui combien il est insolent.

Hmm... les profs n’aiment vraiment pas qu’un élève leur fasse la leçon... fierté mal placée...

Ha! La bonne blague! Le délégué, c’est Éric! Peut être pour ça la grande gueule. Je sors donc accompagné du grand blond qui me talonne.

Aussitôt la porte refermée, il se met à rire?

_Mec, t’es vraiment excellent! Suicidaire mais excellent! On a pas idée de répondre comme ça à un prof, même après lui avoir apprit son sujet!

_Ouais, je crois qu’ils aiment pas les leçons d’la part d’un élève qui leur est supérieur.

_Prétentieux!

_Mais pas du tout, juste réaliste! Pas ma faute si je dis la vérité! _Mouais, en attendant tu vas devoir te frotter à la Pince, et là c’est une toute autre affaire. C’est pas le même genre que Huz.

_Hmm... J’ai rien fait, donc c’est bon.

_Bah garde bien ça en tête alors, on y est.

Éric toc à la grande porte, et un « entrez » glaciale se fait entendre derrière. La CPE lève la tête dès que nous passons le seuil.

_Marc Lefault, déjà dans mon bureau. Vous êtes un rapide. Vous pouvez nous laisser Éric, il m’expliquera lui même la raison de sa présence ici.

_Très bien, au revoir.

Il se retourne vers la porte.

_Désolé vieux, j’aurais bien voulu t’aider, mais tu vas devoir te débrouiller. Essayes de pas trop en faire...

Il sort, la CPE se lève.

_Ce pansement?

_Vous devez être au courant, un certain Garry m’a agressé ce ma

tin, sur le parking à vélo.

_Il est venu me voir il y a à peine une heure, en me signalant l’inverse. Mais contrairement à vous, il n’est pas blessé.

_C’est normal, il est trop c... stupide. Frapper au visage, on a pas idée. Je l’ai pas frappé, je me suis juste défendu. Après, contrairement à ce mec, je sais où viser.

_Vous avez une tendance à vous sentir supérieur à tout le monde. Il faudrait que vous appreniez un peu le respect et la considération.

_Je ne me sens pas supérieur! Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que je le suis! _Nous ne sommes pas là pour polémiquer sur votre égo démesuré. Pourquoi avez vous été renvoyé du cours de Madame Huz? _Elle m’a posé une question de cours, j’y ai répondu parfaitement et je lui ai signalé que j’ai une bonne instruction philosophique.

_Et? Elle ne vous a pas expulser pour cela je suppose.

_Eh bien, je lui ai dit que ma mère pourrait lui apprendre à faire un commentaire de texte. Ce qui n’est pas faux.

_Votre mère est professeur de philosophie?

_Elle était prof de philo à la fac, et auparavant lettres classiques. Aujourd’hui, elle donne des cours par correspondance.

_Pourquoi ne pas avoir choisis une section littéraire si vous y êtes aussi à l’aise? _Parce que la ES est la seule section où je pourrais apprendre un minimum. J’ai déjà les acquis de S et de L. L’intelligence que voulez vous.

_Bon, ça suffit, j’en ai assez entendu. Vous viendrez demain après midi afin de vous faire comprendre votre irrespect envers votre professeur. Et vous réfléchirez à votre prétention démesurée. A présent retournez en cours et faites vous discret.

Rageuse... elle m’a collé... Sympa la première semaine. Ça va me bouffer mon Mercredi aprèm... la haine. Ils aiment vraiment pas les élèves supérieurs...

 

Bref, j’arrive en cours où tout le monde me regarde m’asseoir en me souriant, à part Éric qui devine très bien ce qu’il s’est passé. J’essaye de ne pas m’endormir jusqu’à la fin du cours de philo, avant d’enchainer avec d’autres légèrement plus intéressants. Le bon point, c’est que je suis de plus en plus intégré au groupe d’Éric, ça fait plaisir. On délire de plus en plus, et même les filles qui paraissaient au début très réservées se libèrent totalement. Mais ça ne m’étonne pas vraiment, je fais tout pour. Et Marion qui me colle de plus en plus... elle s’obstine, vraiment...

Midi sonne. On sort devant le lycée.

_Au fait Marc, y’a Rémi qui fait une petite soirée ce weekend, avec toute la classe. Faudrait que tu viennes!

_Ce weekend? Ouais, pourquoi pas. Normalement j’ai rien de prévu.

_C’est chez moi que ça se passera. Tout le monde se retrouve généralement devant le lycée avant de se bouger.

_Il vit dans un vrai palace, mais il faut quand même rapporter les bouteilles. C’est plus sympa qu’il dit!

_Ça va, ça vous tue pas de ramener un petit truc à boire! _C’est vrai, c’est vrai, tu fournis tout le reste, on va pas se plaindre.

_Tu vas découvrir nos fiestas, tu verras, on regrette jamais d’y aller. Me lance Marion avec un clin d’œil léger.

Éric me regarde en coin, un sourire accroché aux lèvres. Elle, je la sens pas, mais alors pas du tout. Ou alors peut être un peu trop. Je sens qu’il va se passer un truc à cette soirée...

_Bon, nous on y va, Marc tu restes au self?

_Ouais, pas vous?

_Non, y’a qu’Éric qui reste. On vous retrouve tout à l’heure. Bon appétit tous les deux! Après une rapide bise, tout le monde s’éloigne, et le grand blond sort un paquet de cigarette en m’en tendant une.

_Tu fumes?

_Oui, merci.

_Tu veux que j’te dise? Elle va te sauter dessus. Et t’as bien de la chance. Beaucoup de mecs donneraient tout pour être à ta place. Surtout qu’elle va vouloir t’emmener loin... enfin tu vois ce que je veux dire.

_T’es sûr? Je sais pas, j’ai déjà refusé ses avances ce matin, ça va surement la refroidir.

_Quoi?! T’as dit non à Marion?! LA Marion de notre classe typée top model? T’as pas fait ça, hein mec? T’es pas con à ce point?

Bon, vu sa réaction, ça doit vraiment être un super coup.

_Bah... si.

_Excuse moi mais t’as un grain.

Il allume sa cigarette et me tend son briquet.

_Et je sais de quoi je parle. Ajoute t-il avec un sourire plein de malice en coin.

_Tu te l’ai faite? Sans déconner?

_Ouaip. Ça a pas été facile, j’avoue. Et puis ça a pas duré bien longtemps. Une petite semaine quoi. Mais quel pied!

_Mouais, si tu le dis. Mais c’est pas mon style. J’aime pas les allumeuses, y’a pas de challenge. Le plus captivant c’est l’approche, la traque, couper toutes les issues et ne plus laisser d’autre choix que de succomber.

_Hoho, tu me fais rire là. J’aimerais bien voir comment tu te débrouilles! Je te lance un défi. Abi vient à la soirée. Tu vois qui c’est?

_Absolument pas. Dans la classe?

_Ouais. Une grande avec des cheveux rouges cuivrés, plutôt mignonne dans son style un peu dark.

_Ah oui, je vois qui c’est. Eh ben quoi, qu’est ce qu’elle a? _Elle est jamais sortie avec un mec qui donne pas dans son style. Ça fait un peu sectaire je te l’accorde, mais... Tu dois réussir à te la faire à la soirée. Si tu réussis, tu gagnes un super voyage au pays des merveilles, et toute mon estime. Si tu te plantes, tu feras ma disserte de philo. Et crois moi qui suit un peu les yeux et les oreilles de ce lycée, j’ai entendu dire qu’elle est plutôt très douée.

_Laisse moi deviner le piège. Elle a un mec.

_Bingo... Comment t’as su?

_Suffit de la regarder. Ça se voit, ça se sent.

_T’es pas normal toi hein? Alors, t’accepte?

_Non, ça me tente pas, et puis je suis pas un briseur de couple. Qui plus est, j’ai un autre projet.

_Ah ouais? C’est qui?

_Mathilde.

_Hé hé hé. Je vois que t’as déjà bien repéré toi hein, en deux jours. Pourtant, elle a rien de plus que les autres. Une raison?

_Ouais, pour pas toucher à ta sœur.

_Quoi?! T’es pas sérieux là?

_Et pourquoi je serais pas sérieux? Je te le dis, je choisis une autre fille pour pas toucher à ta sœur, ce serait mieux que je sois sérieux, non?

_Déjà, comment t’as fait pour savoir que c’était ma sœur? Les profs donnent que les prénoms! _Une peu de physionomie , vous vous ressemblez beaucoup.

_Ok, on est peut être potes, mais t’es pas le genre de mec pour Caro. Alors évite les conneries et y’aura pas de problème.

_Ça va ça va, déstresse, je t’ai dit que j’y toucherais pas. Mais en tout cas, tu sembles plus douter de ma technique.

La, je crois que j’ai touché un point sensible. La soeur, c’est tellement cliché. Mais bon, faut dire ce qui est, elle est plutôt pas mal.

Soudain, un visage familier passe devant moi. Étrange...

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article